Découvrons Diant et la marque Irréprochable by DD

L’étudiante Fatoumata GONDO, journaliste du savoir rencontre madame DIANT ADDIAFIE le 07 novembre 2019 pour échanger au sujet des activités de cette dernière.

Qui est DIANT ADDIAFIE ?

Je me nomme DIANT Affoué Addiafie Emmanuella, divorcée, j’ai 41 ans et 3 enfants. Je suis juriste de formation en droit des affaire fiscalité, je travaille à la direction générale du Port Autonome d’Abidjan en tant qu’assistante à la direction du contrôle d’audit et de la qualité. En dehors de cela je suis aussi chef d’entreprise et mon entreprise s’appelle ‘‘Build By DD’’.

Build By DD est une entreprise qui exerce dans l’évènementiel, la confection textile et en termes de confection textile. Elle a créé une marque de vêtement « IRREPROCHABLE BY DD »

Quelle a été votre motivation dans la création de votre entreprise ? (D’où est né ce rêve d’entrepreneur ?)

Ce petit rêve est né de ma désillusion en tant que petite fille qui pensait que la vie devrait être strasse et paillette puis tu te rends compte de tous les schémas que tu t’étais fait n’étaient pas la réalité et là tu affrontes la vie violemment, malheureusement les finances ne suivent pas, malheureusement aussi on n’a pas appris à faire quelque chose d’autre que les études. J’étais passionnée de mode depuis toujours et une amie m’a conseillé de vendre, c’est ainsi que j’ai commencé à vendre des chaussures. Un jour mon patron m’informe que je dois le représenter à une cérémonie et là je me rends compte que je n’ai rien à me mettre alors je vais au marché j’ose dans les couleurs et j’achète de la soie (parme), des perles et je me mets à coudre un boubou qui sort de l’ordinaire ; super court et échancré dans le dos jusqu’à la hanche et j’ai perlé entièrement le dos. Tout la nuit je me suis attelé à faire mon boubou et à 3h du matin je fini ma tenue et en la repassant je la brule. Toute déçu je m’endors et à mon réveil à 6hj’ai eu l’idée de donner une forme à la partie qui a brulé puis je suis allée à la cérémonie et je ne suis pas passée inaperçu. Le lendemain de la cérémonie j’ai reçu des appels de personnes qui voulaient des informations sur ma tenue et c’est de là qu’à commencer mon business.

Comment avez-vous fait pour vous faire connaître ?

Au départ c’était du bouche à oreille dans mon environnement en familiale et les amis au boulot, avec Facebook aussi mais c’est plus la qualité de mon travail qui a parlé pour moi étant donné que j’étais dans l’informel. Et un matin j’ai écouté un enseignement à la radio qui disait « ton business ne doit pas se limiter au coffre de ta voiture et que tu ne peux pas prétendre être chef d’entreprise si tu n’emploies pas au moins cinquante personnes » touchée par cet enseignement je suis allé déclarer mon entreprise. Je n’avais pas de local et puisque je libérais mon appartement j’ai donc décidé de le garder et d’en faire mon local j’avais donc deux loyers à payer, ce n’était vraiment pas facile pour moi. Le travail devenant lourd pour moi j’ai dû employer une assistante et des couturiers pour m’aider dans ma tâche vue que je n’étais pas vraiment une professionnelle de la couture. J’ai aussi pu obtenir un crédit de ma banque qui a permis à acheter du matériel pour l’entreprise.

Ne vous est-il pas arrivé de vouloir abandonner votre projet d’entreprise à cause des difficultés ?

J’ai eu envie d’abandonner plusieurs fois, la dernière envie date de septembre 2019 où je me sentais vraiment au bout du rouleau.

J’ai appelé mes collaborateurs j’ai fait tout mon speech en leur disant que ça ne va plus. La situation économique faisant les gens ne s’habillaient plus dans du sur mesure, on avait moins en moins de client et c’est mon salaire qui faisait tourner l’entreprise.Ils m’ont écouté et ont décidé de ne pas partir parce qu’ils croyaient en la vision ce qui m’a un peu mis dans le doute mais a contribué à me redonner confiance en moi. Les difficultés se faisant sentir j’ai dû intégrer un nouvel associé qui apporte des idées innovantes afin de redynamiser l’activité.

Quels sont vos projets futurs pour l’entreprise ?

D’abord, A court terme c’est d’ouvrir le pan de l’entreprise sur la confection de tenues professionnelles. Nous avons décidé de prospecter les entreprises afin de nous positionner en tant que confectionneur de tenues professionnelles. Aussi ouvrir un magasin de prêt-à-porter ce qui contribuera à combler le déficit de clients particuliers. Enfin, se positionner en tant que grossiste sur place dans les boutiques de vêtements.

A long terme que prévoyez-vous de faire ? Dans 10 ans

Dans 10 ans je vois ‘‘build’’ avoir une usine de confection textile. Je vois aussi IREPPROCHABLE avoir de grandes enseignes un peu partout dans le monde comme MANGO, ZARA ….  Nous n’avons pas encore de marque Africaine en grande distribution.

Comment parvenez-vous à concilier vie professionnelle et vie familiale ?

C’est une violente question. Effectivement j’ai un emploi du temps qui est vraiment saturé parce que j’aime faire les choses de façon passionnée. Il y’ a d’abord mon premier travail au port qui me prend toute la journée, j’y suis de 7h30 à 16h30. Ensuite je vais directement à la boutique avant d’arriver à la maison m’occuper des enfants. Parfois de la boutique je ne rentre pas à la maison parce qu’il faut partir à l’apostolat pour une évangélisation et là ce sont des journées qui se terminent souvent à 3h du matin.

J’arrivais difficilement à bien orchestrer toutes ces notes, il fallait faire un choix. Et puis j’ai découvert il y a deux ans un programme de formation qui s’appelle Toastmasters, et là ça été une nouvelle lumière dans vie parce qu’au travers de ce programme j’ai appris ce qui étais la structuration, l’organisation, la planification et la gestion du temps. J’ai aussi appris à savoir déléguer donc à me décharger et embaucher d’autres personnes.

Quels conseils pourriez-vous donner à une jeune fille qui souhaite entreprendre ?

Le conseil que je peux donner à une jeune fille et que d’ailleurs je donne à mes filles, c’est de pouvoir se diversifier, pouvoir se former puisque les gens en Afrique sont accrochés aux méthodes traditionnelles (Ecole – bureau), ils ne font pas attention aux talents de leurs enfants. Le maître mot chez moi c’est l’excellence, il faut être la meilleure dans ce que l’on fait. Je leur demande aussi d’embrasser le métier qu’elles aiment, et non pas celui qu’on leurs impose ou pour de l’argent. Pour finir, elles doivent se former car entreprendre demande beaucoup de connaissance dans plusieurs domaines.

 Fatoumata GONDO, étudiante, journaliste du Savoir du comité local d’Abidjan

Auteur de l’article : admin